• 10 octobre 1909 : Naissance à Breslau (Silésie, alors allemande) de Franciszek Ksawery Heymann, troisième enfant de Léontine Charlotte Goyet (Française, née en 1877 à Bourg en Bresse), épouse de Marcin Heymann, architecte germano-polonais.
  • 1920 : À la suite de l’indépendance de la République de Pologne, installation à Varsovie de la famille Heymann. Mort de Léontine Goyet. Marcin Heymann est préfet à Kutno, puis directeur du département d’urbanisme au ministère de l’Enseignement supérieur. Franciszek fait ses études secondaires au lycée.
  • 1927 : Inscription à l’École des Arts appliqués de Poznan. Adhésion au Parti communiste polonais clandestin après un passage par le TUR (association des universités ouvrières) et le PPS-gauche, Parti socialiste polonais. Arrestation pour distribution de tracts appelant à la sédition de jeunes recrues.
  • 20 et 21 octobre 1928 : Procès. Condamnation à 9 mois de forteresse. Libération au bout de six mois.
  • 1929 : Études à l’École des Beaux Arts de Cracovie. Envoyé à Berlin par le Parti Communiste.
  • De 1930 à 1936 : Recruté par le Komintern qui le « prêtera » aux services secrets de l’Armée Rouge, il voyage à travers l’Europe en accomplissant des missions techniques, tout en poursuivant des études dans diverses universités européennes, dont l’Ecole des Beaux Arts de Berlin, l’Ecole des Langues Orientales de Paris (avec obtention d’un diplôme sous un nom d’emprunt), l’université de Cambridge en Angleterre (1932), l’École des Langues orientales de Narimanov à Moscou.
  • 13 avril 1937 : Agent de liaison avec les Républicains espagnols à Valladolid.
  • 14 novembre 1937 : Convocation à Moscou.
  • De décembre 1937 à avril 1939 : Arrêté à Moscou sous l’identité de Jacques Robertovitch Rossi, il est incarcéré dans les prisons de la Loubianka, puis de Boutyrka, et condamné par l’OSSO (Conférence Spéciale) à 8 ans de camp de redressement par le travail selon l’article 58 alinéa 6, c’est-à-dire espionnage au profit de la France et de la Pologne.
  • JPEG - 111 ko Arrestation àla Loubianka, Moscou 19377 avril 1939 : Départ en wagon Stolypine vers une destination inconnue qui se révèle être l’Arctique, en passant par de nombreuses prisons de transit. Kirov, Sverdlosk, Novissibirsk, Omsk, Krasnoïarsk. Arrivée au camp de transit de Krasnoïarsk sur le fleuve Ienisseï. Convoiement vers le port de Doudinka, qui fait partie du camp de Norilsk, 70e parallèle nord.
  • De 1939 à 1947 : Internement dans le camp de Norilsk. La peine expire officiellement en 1945, mais est prolongée par une « disposition spéciale » « jusqu’à nouvel ordre ». Libération conditionnelle le 15 avril 1947, assortie d’une interdiction de quitter Norilsk.
  • De 1947 à 1949 : Il travaille à Norilsk (du 25 août 1947 au 22 juin 1948 comme ingénieur traducteur, du 22 juin 1948 au 29 septembre 1948 comme géotechnicien, et du 29 septembre 1948 au 20 mars 1949 comme photographe).
  • De 1949 à 1956 : Nouvelle arrestation. Incarcération dans la prison préventive de Norilsk, où il fait une première grève de la faim en 1949 pour obtenir la communication de son verdict. Transfert à la prison de Krasnoïarsk. Nouvelle condamnation à 25 ans de Goulag pour « espionnage au profit de la France, de la Grande-Bretagne et des Etats-Unis ». Bref séjour à la prison d’Irkoutsk, puis transfert à la centrale d’Alexandrovsk. Après la mort de Staline en 1953, deuxième grève de la faim pour obtenir sa libération. En 1955, transfert vers Moscou en passant par différentes prisons de transit (Irkoutsk, Krasnoïarsk, Novossibirsk, Smirnov, Ekaterinenbourg, Kirov, etc.). Centrale de Vladimir.