• JPEG - 64 ko Le manuel du GoulagSpravochnik po Goulagu, Overseas Publications Interchange Ltd, Londres, 1987 en russe ; suivie d’une version anglaise The Gulag Handbook, Paragon Publishers, NY, 1989 ; et d’une deuxième édition en langue russe Prosvet, Moscou, 1991 ; version japonaise, Keigado, Tokyo, 1996 ; version tchèque Dystrov, 1999.
  • Le Manuel du Goulag (traduit en collaboration avec Sophie Benech et Véronique Patte), le cherche midi Editeur, 1997.
  • JPEG - 48.1 ko Jacques le FrançaisFragments de Vies (en collaboration avec Sophie Benech), Elikia, 1995, devenu Qu’elle était belle cette utopie !, le cherche midi Editeur, 2000 et une version augmentée Pocket en 2002 ; traduction italienne Com’era bella questa utopia !, Marsilio en 2003.
  • Jacques le Français - Pour mémoire du goulag avec Michèle Sarde, le cherche midi Editeur, 2002 ; version japonaise parue chez Keigado en 2004.

Le Manuel du Goulag

JPEG - 50.2 ko Le Manuel du GoulagUn dictionnaire historique des institutions pénitentiaires soviétiques et des termes relatifs au travail forcé.

Le Manuel du Goulag se présente comme un dictionnaire dans lequel les entrées sont classées par ordre alphabétique.

On y trouve :

  • des articles très spécialisés, comme les définitions de sigles (GTOU, ZOUR, TOUTCHK, SFT, ATP etc.), des mises au point historiques sur les lois, décrets, etc.
  • de véritables études sur des sujets et des thèmes donnés : prisons, camps (13 sortes de camps différents), Solovki, adolescents et mineurs, enfants, arrestations massives, déportations massives, exécutions massives etc.
  • des termes spécifiques de la « culture » concentrationnaire, qu’ils soient officiels (certificat de libération, attitude honnête envers le travail, norme, zone, autodéfense, régime, ration, planchette, séquelles du passé, socialement proche etc.) ou entrés dans le langage courant (toufta, arrière-train, avions, corbeau noir, etc.)

Disséminés dans tous les articles, des anecdotes savoureuses, des dictons souvent pleins d’humour et des exemples concrets transforment la lecture de cette encyclopédie, qui pourrait sembler aride, en un voyage vivant et extrêmement émouvant à l’intérieur de l’univers concentrationnaire soviétique décrit et décortiqué par un témoin à l’esprit rigoureux et aiguisé.

Extraits de la préface de NicolasWerth

Dans la littérature, déjà abondante, sur le Goulag, l’ouvrage de Jacques Rossi occupe une place originale, hors du commun.

(...) Après vingt-cinq années de camp et d’exil, Jacques Rossi a consacré l’autre versant de sa vie à rédiger des milliers de fiches « meublées de mémoire » qui constituent une véritable encyclopédie du phénomène concentrationnaire soviétique, un « Dictionnaire historique des institutions pénitentiaires soviétiques et des termes relatifs au travail forcé », comme l’indique le sous-titre de l’édition originale.

(...) Mais Le Manuel est bien plus qu’un dictionnaire de la langue du monde concentrationnaire. C’est une véritable encyclopédie historique, d’une érudition exemplaire, qui embrasse tous les aspects de la civilisation goulaguienne : culture matérielle, sociologique, histoire, géographie, économie, droit. Une civilisation goulaguienne qui, et c’est une des grandes leçons du livre de Jacques Rossi, est au centre de l’expérience soviétique, et pas seulement stalinienne.

Après être sorti du camp, Jacques Rossi a, avec une patience de bénédictin, complété ses fiches « bourrées de mémoire » par un travail de recherche universitaire sur tous les aspects du système concentrationnaire soviétique. Il a ainsi confronté sa propre expérience, les innombrables témoignages qu’il avait recueillis avec les textes juridiques, les décrets et les instructions internes réglementant le sort des diverses catégories de détenus. Il a mis en perspective historique le Goulag stalinien, tel qu’il l’a connu, en recherchant les racines du phénomène concentrationnaire dans les premières années du régime bolchevique, en montrant la continuité de la politique répressive de Lénine à Staline, en étudiant le système pénitentiaire de la Russie tsariste, en prolongeant aussi ses investigations jusqu’aux années 1970-1980. Replacé dans une perspective soucieuse de prendre en compte les continuités et les ruptures, chaque article constitue une synthèse concise et complète sur un sujet précis (peine capitale, camp, amnistie, mortalité, etc.) qui va bien au-delà de l’information ponctuelle que suggère le modeste titre Manuel du Goulag.

Nicolas Werth